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Du silence à la transmission : un parcours de guérison au féminin

Aujourd’hui, je vous propose d’explorer le parcours d’Elodie Ochem, thérapeute, qui nous livre son cheminement à la reconquête de son corps, de ses cycles, de sa puissance féminine.

En octobre 2019, l’association « Au cœur des femmes, école humaniste » lance un sujet de discussion sur sa page Facebook : les règles. Un sujet plutôt tabou pour un phénomène souvent jugé sale, voire honteux. Les règles, on les subit. Hors de question d’en parler et encore moins de les montrer.

Et si moi je les écrivais ? 

Un projet fou qui me fait papillonner le ventre. Je décide donc de me lancer et je contacte l’association pour savoir si des femmes auraient envie de témoigner sur leurs histoires de règles. Elodie me répond oui. Et c’est lors d’un entretien en face-à-face qu’elle me retrace son parcours de femme. Un chemin de guérison au rythme du cycle féminin.

La règle du silence

Elodie débute son récit par des phrases courtes, ponctuées de silences. Des silences qui font écho à ceux qui entouraient les règles dans sa famille. Un sujet tabou, jamais évoqué. Au moment de ses premiers saignements, seule une instruction lui est donnée : « Tiens, mets une protection », doublée d’un conseil : « Fais attention parce que si tu la mets à l’envers le scotch va rester accroché. Et ça va être douloureux. »

Ok.

Elodie vit donc ses règles dans la fatalité. Résignée à vivre des cycles très irréguliers, elle est également convaincue de leur normalité car sa mère, déjà, était passée par là. Et pour faire face à la douleur physique qui la cloue sur place, une seule solution : le Spasfon. Un moyen qui lui permet d’assumer ses obligations quotidiennes même si elle continue bien souvent à souffrir le martyr. Sans demander d’aide. Sans se plaindre non plus sous peine d’être cataloguée de « chiante » en pleines « ragnagnas ».

A cette époque, Elodie voit son sang couler sans en connaître l’origine, ni la signification. Une ignorance qui la laisse désemparée lors d’un séjour en colonie de vacances. « Je me suis retrouvée seule devant un tampon et je ne savais pas où le mettre. Je ne savais pas comment mon sexe était fait. C’était angoissant. Tu te retrouves face à quelque chose que tu ne connais pas. T’es désemparée. Tu ne sais même pas quand tu dois l’enlever. »

Handicapée par les douleurs qu’elle subit, Elodie consulte finalement un gynécologue qui lui prescrit la pilule contraceptive. Elle lui est présentée comme le graal qui mettra fin à tous ses dysfonctionnements. C’est vrai, avec la pilule, son cycle se régule. Elle sait désormais quand ses règles vont arriver. Quand elle va devoir y passer. Car ses saignements sont toujours vécus comme un fardeau, un passage obligé qu’elle vit seule, cachée au fond de son lit. Mutique. Jusqu’au jour où…

La libération de l’utérus

À la suite du retrait de sa pilule du marché, Elodie se demande : et s’il était possible de vivre les choses autrement ? Elle décide alors d’arrêter les hormones et d’entamer un parcours de reconnexion à son corps. 

Tentes rouges. Cercles de femmes. Initiation aux archétypes féminins.

Elodie chemine sur la voie de sa féminité. Et elle découvre alors celui qu’elle avait longtemps oublié, caché, bâillonné :

Son utérus. Enfin reconnu. Enfin libéré.

Au départ, cette reconnexion s’accompagne de douleurs. Car l’utérus est un centre énergétique parfois chargé, lourd de tout ce que les femmes ont pu porter, génération après génération. Mais, petit à petit, tout s’apaise. Elodie prend conscience du potentiel, de la force inhérente à ses règles. Ses cycles se régulent.

Et, pour Elodie, les règles deviennent les lunes. Car elle réalise alors que son cycle féminin est connecté aux phases lunaires, mais également aux saisons et aux éléments. Quand le sang se met à couler, c’est le temps de la sorcière, de l’introspection, du repli sur soi. La lune est noire. Il est temps d’accepter d’investir moins d’énergie vers l’extérieur. De rentrer dans sa grotte. De respecter, enfin, ce moment pour soi.

Les lunes sont alors vécues comme un moment de joie. Car elles s’accompagnent d’une reconnexion à sa nature profonde et sauvage. Elodie les accueille avec gratitude et fierté. Et elle se pare de ses serviettes lavables comme si elle se préparait à une soirée. Conviée avec la plus belle des invitées : son intimité.

De la guérison à la transmission

Si Elodie a réussi à libérer la voix de son utérus, elle ne s’arrête pas là. Aujourd’hui, elle accompagne femmes et hommes dans la compréhension du cycle féminin. Pour guérir, libérer, transmettre.

Dans le cadre de tentes rouges, par exemple, elle aide les femmes à enlever le masque, à dire quand ça ne va pas, à prendre conscience de leurs potentialités. A se rendre compte que, non, elles ne sont pas folles.

Ni chiantes.

Mais Elodie est également convaincue de la nécessité d’expliquer le cycle féminin aux hommes. Pour, enfin, arrêter d’associer les règles à un « truc de bonnes femmes ». Pour comprendre et ouvrir le dialogue au sein de son couple et avec les femmes de sa famille.

Quand elle clôt son récit, Elodie se rend compte du chemin parcouru : « J’ai grandi avec l’idée qu’être une femme c’était compliqué. En plus, j’ai grandi dans une famille d’hommes dans laquelle j’étais la seule fille. On était des bonhommes. J’étais un garçon manqué. Je ne voyais pas quel était l’avantage, l’intérêt d’être femme. » Aujourd’hui, Elodie a trouvé cet intérêt. Et elle compte bien le partager.

Pour en savoir plus sur Elodie Ochem, je vous invite à visiter sa page Facebook et son site internet.

https://www.facebook.com/enharmonie.ochemelodie/

https://en-harmonie.wixsite.com/strasbourg

Crédit photo : Greg Harder

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